Présentation fonctionnelle et anatomique du pied

Si tous les passionnés de chevaux connaissent ce fameux proverbe « pas de pied, pas de cheval », comment s’y retrouver au milieux de tous ces produits : graisses, biotine, huiles … Quand, comment et enfin quels produits utilisés pour que nos chevaux aient des pieds en pleine santé peu importe la saison ? Nous allons essayer de vous en dire plus sur l’entretient  des sabots dans une série d’article dont le préambule repose sur une petite présentation anatomique et fonctionnelle du pied.

 

Présentation anatomique d’un antérieur.

Tout d’abord comme nous pouvons le voir sur le schéma ci-dessus, le pied du cheval est en ensemble de structure osseuse, ligamentaire, cartilagineuse et cornée. Il ne faut donc pas oublier que le sabot  désigne uniquement la boîte cornée recouvrant l’extrémité du doigt. Le sabot est donc un ongle épais, rigide et enveloppant la totalité de la phalange composé de la paroi (ou muraille), de la sole et de la fourchette. Cette enveloppe de corne n’est pas innervée, ni vascularisée elle est donc insensible.

Structures de la boîte cornée :

 

Photo du pied posé au sol laissant apparaitre la muraille, ( ou paroi) du sabot

Photo du pied posé au sol laissant apparaitre la muraille, ( ou paroi) du sabot

*  La paroi externe ou muraille : Partie pigmentée visible du sabot lorsque le cheval à le pied posé au sol. Cette paroi externe est divisée en plusieurs zones : la pince, les mamelles, les quartiers et les talons. est lisse et pigmentée. Si elle semble lisse, elle est pourtant constituée de très nombreux tubules de cornes solidement joints pour formée une structure rigide et dure. S’allongeant continuellement en direction du bord solaire, elle subit une usure d’environ 1 à 2 cm par mois par contact avec le sol (si le cheval n’est pas ferré). La corne foncée est plus résistante à l’usure que la corne claire.

*  La paroi interne : Généralement blanche, plus souple que la paroi externe notamment en raison de son organisation et d’une plus grande teneur en eau, elle protège ainsi l’intérieur du pied des chocs et des vibrations. La corne de la face interne est organisée en lames longitudinales (550 à 600) formant le kéraphylle et s’assemblant parfaitement avec les lames de chair du podophylle, autrement appelé derme, (comme un jeu de lego), permettant ainsi une adhésion très forte de ces deux structures entre elles.

Photo du pied posé au sol laissant apparaitre la muraille, ( ou paroi) du sabot

Photo du pied posé au sol laissant apparaitre la muraille, ( ou paroi) du sabot

*  La sole : Partie de la boîte cornée située sous le pied elle est solidement jointe à la paroi au niveau d’une structure appelée ligne blanche (souvent de couleur jaune. Sa corne est moins épaisse que celle de la muraille.

* La fourchette : Constituée de corne plus fine et possédant des propriétés élastiques, elle forme un V sous le sabot  recouvrant le coussinet plantaire. Travaillant conjointement avec le bourrelet coronal, les barres et la sole, elle offre à la boite cornée une élasticité et par conséquent une résistance à la déformation et participe grandement aux phénomènes d’amortissement du pied. (Cet amortissement offert par la fourchette (et plus particulièrement par le coussinet plantaire se trouvant en-dessous de la fourchette) est considérablement réduit chez le cheval ferré)

*  Le bourrelet coronal : Structure se trouvant au sommet de la paroi du sabot permettant la production des tubules de corne de la paroi externe (1à 2 cm par mois) par différenciation des cellules en kératinocytes, cellules mortes contenant une part importante de kératine, une protéine ….. Seule structure externe vascularisée, très ferme, elle possède également un rôle de maintient de la cohésion entre le sabot et les structures internes.

* Le périople : Petite bordure de chair placée au-dessus du bourrelet coronal et synthétisant un vernis protecteur de la muraille régulant le niveau d’humidité. Couche protectrice permet également une protection de la corne nouvellement formée relativement molle afin de protéger le bourrelet des chocs et des vibrations du sol et nécessite donc une protection.

Les structures internes :

Image de dissection du podophyle après enlèvement de la boite cornée.

Image de dissection du podophyle après enlèvement de la boite cornée.

*  Le podophylle = chair feuilletée : Assurant la jonction entre la boîte cornées et les structures profondes du pied dont la phalange distale. Assemblage de lamelles dermiques longitudinales (550 à 600), molles et richement vascularisées, organisées de façon à permettre un emboitement parfait avec les lamelles épidermiques du kéraphylle (cf paroi interne de la boîte cornée). Cette structure est très innervée et vascularisé, assurant une fonction nutritive pour l’épiderme.

*  Le tissu velouté : possède presque la même organisation que le podophylle, à savoir un assemblage de lames chargées en protéines et qui nourrissent par vascularisation les différentes parties du pied situé sous le pied. Permet la synthèse de la sole et de la fourchette.

coupe sagittale (d'avant en arrière) d'un antérieur permettant de visualiser les structures du pieds.

coupe sagittale (d’avant en arrière) d’un antérieur permettant de visualiser les structures du pieds.

*  Le coussinet digital ou plantaire : Structure composé d’un tissu mou, élastique assurant l’amortissement des choc, protégée par la fourchette, le coussinet plantaire est situé sous le tendon fléchisseur perforant. Formé par un réseau serré de fibres entre lesquelles se dessinent des alvéoles communicantes emplies d’une substance jaunâtre, le coussinet digital possède une innervation dense lui conférant une sensibilité tactile (proprioception).

* Les cartilages ungulaires : Au nombre de deux ils recouvrent l’articulation interphalangienne distale, ils sont particulièrement importants car parcourus par un important réseau veineux formant les racines des veines plantaires. Ce sont ces structures qui confèrent au pied son rôle de pompe veineuse, en effet lors de l’appui, la pression augmente dans le coussinet digital comprimant les cartilages ungulaires contre la paroi du sabot entraînant une remontée du sang dans la veine digitale propre et améliorant ainsi le retour du sang veineux depuis les extrémités vers le cœur.

Rmq : Les artères et les veines du pied possèdent des propriétés de déformabilités moins importantes que dans le reste du corps. De plus, elles sont très sensibles aux molécules vasoconstrictrices.

Les Structures osseuses et ligamentaires donneront lieux à un futurs articles et ne seront donc pas présenter ici.

Le pied du cheval, une structure complexe, possédant une multitude de rôle.

Le pied possède donc à la foie une fonction de protection mais il est également un organe d’amortissement de l’appui et d’impulsion. Lorsque le pied entre en contact avec le sol, la pression exercée ne peut être amortie que si l’écartement de la partie arrière du sabot est possible afin de permettre un appui du coussinet plantaire par l’intermédiaire de la fourchette.  Enfin, il est indispensable que la corne soit de bonne qualité, entretenue et souple.
Toutes ses caractéristiques anatomiques et physiologiques permettent au pied du cheval d’engager un retour important du sang contenu dans le pied en direction du cœur lors que chaque appuis, on comprend donc à quel point il est important pour le cheval de se mouvoir un maximum (le stationnement en box 23h/24 est donc à proscrire pour la bonne santé des membres comme de l’ensemble de l’organisme). On parle alors de pompe sanguine du pied.

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